Aller au contenu
Ogerant Blog
#entreprises-marocaines 7 min de lecture MAJ 21 août 2026

CAN, Mondial et grands chantiers : la fierté du savoir-faire marocain de SGTM, TGCC et tout un écosystème

Derrière les ouvrages de la CAN, du Mondial 2030 et du Maroc se trouvent ingénieurs, compagnons, PME et groupes nationaux. Lecture factuelle de SGTM, TGCC et de leur écosystème.

L
L'équipe Ogerant
Équipe marocaine de construction observant avec fierté un grand stade en chantier au coucher du soleil.

Un stade n’est jamais l’œuvre d’un seul logo. Derrière sa silhouette se trouvent des milliers d’heures d’étude, de coffrage, de soudage, d’essais, de contrôle, de logistique et de coordination. Les grands groupes sont visibles ; les ingénieurs, compagnons, PME et fournisseurs qui rendent le projet possible le sont beaucoup moins.

Réponse courte : la fierté n’est pas seulement d’avoir construit grand. Elle est d’avoir consolidé au Maroc des compétences capables de concevoir, coordonner et livrer des ouvrages complexes — puis de transmettre ces méthodes à une nouvelle génération et à tout un tissu de sous-traitants.

SGTM et TGCC sont deux exemples documentés de cette capacité. Cet article s’appuie sur leurs publications et sur des documents réglementaires ; il ne constitue ni un classement, ni une recommandation financière, ni l’attribution à ces groupes du travail de tout l’écosystème.

La CAN 2025 : neuf stades comme banc d’essai continental

Pour la Coupe d’Afrique des Nations 2025, disputée du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, la CAF et le comité local avaient retenu six villes et neuf stades : Rabat, Casablanca, Agadir, Marrakech, Fès et Tanger ( annonce officielle de la CAF ).

Ce rendez-vous a donné une échéance concrète aux mises à niveau : circulations, accessibilité, pelouses, hospitalité, médias, sûreté, éclairage et espaces joueurs. Il a également confronté les équipes à la réalité de l’exploitation — le moment où un ouvrage devient un service pour des dizaines de milliers de personnes.

Le passage de la CAN au Mondial 2030 ne consiste pas seulement à augmenter les capacités. Il oblige à capitaliser les retours d’expérience : flux, maintenance, procédures, formation et coordination avec les transports et la ville. C’est là que la compétence acquise devient un actif industriel durable.

Du bâtiment national au projet de référence internationale

Le portefeuille publié par SGTM couvre des ouvrages de nature très différente : Grand Stade Hassan II, Grand Stade de Marrakech, LGV Al Boraq, gare Casa-Voyageurs, aéroports, barrages et Grand Théâtre de Rabat. La page consacrée au groupe SGTM retrace plus de cinquante ans d’activité et cite notamment l’aéroport Mohammed V, des lots de la mosquée Hassan II, Tanger Med et des infrastructures majeures.

TGCC publie de son côté des références au Maroc et à l’international. Son rapport financier annuel 2025 déposé auprès de l’AMMC documente plusieurs chantiers liés aux infrastructures sportives, ainsi que des projets aéroportuaires et urbains.

Ces références montrent une évolution : les entreprises marocaines ne sont plus cantonnées à l’exécution d’un corps d’état isolé. Elles peuvent piloter des interfaces complexes entre structure, architecture, équipements, délais, sécurité et multitude de sous-traitants.

Le Grand Stade Hassan II : un symbole de coopération nationale

TGCC indique sur son site que le contrat du Grand Stade Hassan II de Benslimane a été remporté par le groupement SGTM–TGCC ( source entreprise ). Le projet est emblématique par son échelle et par la diversité des compétences qu’il requiert.

Il faut rester précis : remporter un contrat ne signifie pas que deux groupes réalisent seuls chaque composant. Un projet de cette nature mobilise architectes, ingénieries, fabricants, contrôleurs, fournisseurs, sous-traitants et personnels de chantier. La performance collective dépend de la capacité du groupement à intégrer cette chaîne.

La vraie mesure du savoir-faire sera donc multiple : qualité finale, sécurité, maîtrise du planning, conformité, maintenabilité, compétences transmises et capacité des partenaires marocains à réutiliser l’expérience sur d’autres ouvrages.

Marrakech, Agadir et Fès : moderniser sans arrêter la ville

Le rapport TGCC 2025 décrit des interventions de mise à niveau dans plusieurs stades :

  • au Grand Stade de Marrakech, une évolution annoncée de 41 000 à 46 000 places avant 2028 et une couverture complète, avec de nouveaux espaces d’hospitalité et dispositifs d’accès ;
  • au Grand Stade d’Agadir, une seconde phase destinée à porter la capacité à environ 45 000 places et à couvrir l’enceinte ;
  • des travaux au stade de Fès et sur des terrains d’entraînement ;
  • la livraison rapide du stade Al Madina/Al Barid mentionnée dans le même rapport.

Ces informations sont celles publiées par l’entreprise. Les caractéristiques finales et calendriers doivent toujours être vérifiés auprès du maître d’ouvrage et des documents du projet.

Rénover un stade existant pose un problème différent d’une construction neuve : diagnostiquer la structure, phaser les travaux, sécuriser les interfaces, coordonner les événements et mettre à niveau des systèmes sans perdre la cohérence de l’ouvrage.

Ingénieurs, géomètres, soudeurs et responsables marocains transmettant leur savoir-faire sur un chantier de stade.

Ce que l’on ne voit pas depuis les tribunes

L’ingénierie de préparation

Avant le béton, il y a les méthodes, plans d’exécution, synthèses BIM, études de levage, installations de chantier et scénarios de sécurité. Une erreur évitée à ce stade vaut souvent plus qu’une correction rapide sur site.

Les interfaces

La charpente rencontre l’enveloppe ; l’éclairage rencontre l’énergie ; la vidéosurveillance rencontre le réseau ; la billetterie rencontre le contrôle d’accès. La difficulté d’un grand stade se situe souvent entre les lots, là où les responsabilités peuvent se chevaucher.

La chaîne d’approvisionnement

Acier, béton, câbles, équipements, sièges, écrans et pièces spéciales ont des délais différents. Les entreprises locales qui maîtrisent la traçabilité, les essais et la livraison juste à temps deviennent essentielles.

La sécurité

Coactivité, hauteur, levage, soudage et délais serrés augmentent le risque. La fierté d’un projet doit inclure le droit de chaque personne à rentrer chez elle en sécurité. Les indicateurs HSE ne sont pas un supplément de communication : ils conditionnent la qualité du chantier.

La réception

Un ouvrage n’est pas terminé lorsqu’il paraît achevé. Tests, dossiers des ouvrages exécutés, formation des exploitants, levée des réserves et maintenance initiale transforment la construction en équipement utilisable.

SGTM et TGCC : deux trajectoires, une même montée en capacité

DimensionCe que montrent les références publiées
Diversitéstades, ferroviaire, aéroports, ouvrages culturels, hydrauliques et urbains
Échellecapacité à mobiliser des équipes et partenaires sur des projets complexes
Intégrationcoordination de nombreux corps d’état et systèmes
Continuitépassage de projets nationaux à des références régionales et internationales
Transmissionnécessité de former ingénieurs, techniciens et compagnons pour soutenir la croissance

Le rapport annuel TGCC 2024 déclarait 110 projets en cours, 41 livrés sur l’exercice et un carnet de commandes de 10,3 milliards de dirhams. Ces chiffres donnent une idée de l’échelle opérationnelle de l’entreprise à cette date ; ils ne préjugent ni de sa performance future ni de la situation actuelle du marché.

La fierté appartient aussi aux PME

Un grand titulaire dépend d’une constellation de spécialistes :

  • bureaux d’études et ingénieries ;
  • topographes, laboratoires et organismes de contrôle ;
  • fabricants et distributeurs de matériaux ;
  • charpentiers, façadiers, électriciens et intégrateurs ;
  • entreprises de CVC, plomberie et sécurité incendie ;
  • spécialistes IT, télécoms, sûreté et audiovisuel ;
  • logisticiens, loueurs, transporteurs et services de chantier ;
  • maintenance, nettoyage, espaces verts et exploitation.

Pour ces entreprises, participer à un projet emblématique peut accélérer la mise à niveau : procédures qualité, exigences HSE, planification, documentation et capacité à travailler en interface. Mais la référence n’a de valeur que si le contrat reste économiquement soutenable.

Comment une PME entre dans cet écosystème

Rendre son expertise lisible

Présentez trois références comparables avec le périmètre exact, les quantités, le délai, les difficultés résolues et les preuves de bonne exécution. Une brochure généraliste n’aide pas un directeur de projet à vous positionner.

Se préqualifier tôt

Les grands chantiers imposent souvent des évaluations financières, qualité et HSE avant consultation. Préparez attestations, assurances, procédures, organigramme, parc matériel, indicateurs sécurité et capacité de mobilisation.

Comprendre le contrat amont

Un sous-traitant doit connaître les exigences que le titulaire principal lui répercute : délais, essais, documents, pénalités, garanties, confidentialité et réception. N’acceptez pas une responsabilité impossible à maîtriser.

Protéger sa trésorerie

Le volume peut masquer le risque. Chiffrez mobilisation, stocks, décalage de paiement, retenues et cautions. Notre guide sur les délais de paiement et celui sur la gestion des cautions permettent de construire un scénario réaliste.

Documenter pour capitaliser

Photographies datées, essais, métrés, PV et attestations transforment le chantier en référence exploitable. Sans preuve, l’expérience ne franchit pas le prochain appel d’offres.

De la fierté au legs industriel

L’héritage de 2030 ne se limitera pas aux stades. Il se mesurera aussi par :

  • le nombre de compétences certifiées et retenues au Maroc ;
  • la capacité des PME à monter dans la chaîne de valeur ;
  • les méthodes de sécurité et de qualité devenues standard ;
  • les innovations réutilisables sur les écoles, hôpitaux, gares et logements ;
  • l’exportation du savoir-faire marocain en Afrique et au-delà ;
  • la maintenance durable des ouvrages après les cérémonies.

La fierté la plus solide repose sur des faits : des ouvrages sûrs, utiles, maintenables et livrés par des équipes dont le savoir grandit à chaque projet.

Trouver sa place dans les prochains grands projets

Les groupes visibles ne sont qu’une partie de la chaîne. Pour une PME, l’opportunité se trouve dans les lots où sa spécialité apporte une preuve nette de qualité, de délai ou de réduction du risque.

Ogerant aide les entreprises marocaines à repérer les appels d’offres pertinents et à concentrer leur énergie sur les dossiers qu’elles peuvent réellement gagner et exécuter. Découvrir Ogerant .

Sources des entreprises et documents réglementaires

Écrit par

L'équipe Ogerant

L'équipe Ogerant analyse les marchés publics au Maroc et au-delà. Nous publions des guides pratiques, des analyses de tendances et des retours d'expérience pour aider les PME à gagner plus d'appels d'offres.

À lire ensuite